Le télétravail obligatoire lié à la pandémie a pris fin le 27 juin en Belgique et nous sommes nombreux à nous demander quelles sont les enseignements retenus et les conséquences de cette transformation profonde et forcée de l’organisation du travail.

Tous s’accordent pour dire que le retour à la situation avant COVID est peu envisageable dans la mesure où la majorité des travailleurs sont favorables à la poursuite du télétravail en version hybride tandis que les employeurs ont pu « tester » qu’il n’entraînait pas de perte de productivité même s’il avait été imposé de manière précipitée et sur une longue période particulièrement anxiogène.

Alors qu’en 2015 le télétravail était principalement occasionnel et ne concernait que 11,8% (contre 4,3% pour le télétravail régulier) des travailleurs belges (source Intrastat), il a grimpé jusqu’à 52,4% durant la crise dont 23,9 % télétravaillaient 5 jours ou plus. (Source : https://www.beswic.be/fr/themes/teletravail/impact-de-la-crise-covid-sur-le-teletravail).

De cette période hors du commun, les travailleurs ont pu apprécier les avantages mais également les inconvénients du télétravail. Parmi les avantages majeurs, ils citent les gains de temps sur les trajets, une plus grande facilité de concentration, la flexibilité des horaires et la possibilité de mieux gérer l’équilibre entre vie professionnelle et vie privée.

A l’inverse cette perte de frontière entre travail et vie privée a été mal vécue par certains ainsi que le manque de lien social avec collègues. Au sein d’une même entreprise, la perception du télétravail pouvait être très diverse en fonction de la situation personnelle de chacun.

Ainsi les personnes seules et contraintes au télétravail ont davantage souffert de l’absence de contacts avec les collègues tandis que les familles nombreuses où monoparentales ont eu bien du mal à trouver un espace de travail calme au sein de leur habitation. Tout le monde ne disposant pas d’un bureau ou d’une pièce où s’isoler. De plus, la qualité du réseau internet n’était pas toujours au rendez-vous. Pour beaucoup, il a également fallu jongler avec l’école à la maison !

Mais les enfants seront de retour à l’école en septembre (du moins nous l’espérons) et le télétravail n’est désormais plus obligatoire mais sera fortement recommandé pour tous les métiers où c’est possible.

Rappelons qu’en Belgique le tissu économique est majoritairement composé de PME et que celles-ci employaient 55,3% des travailleurs au 31 décembre 2019. (Source : ONSS. Calculs et représentations : SPF Economie. Observatoire des PME.)

Bien que la plupart des dirigeants de PME soient également favorables à poursuivre le télétravail, celles-ci ne disposent pas nécessairement d’un responsable des ressources humaines disposant du temps nécessaire à la mise en place d’une politique de télétravail adaptée à l’entreprise.

Dès lors, le télétravail fera vraisemblablement l’objet d’une concertation directe entre le manager (ou le dirigeant d’entreprise) et le travailleur.

Appliquer la même règle pour tous n’est pas forcément la meilleure des solutions car l’expérience de ces derniers mois a montré que la situation personnelle des travailleurs devait être prise en compte tout comme la nature du travail effectué. Pour autant, il est important de définir un cadre et des modalités.

Faut-il accepter qu’un travailleur passe en télétravail 4 jours sur 5 parce qu’il habite loin mais que son travail administratif le lui permet et refuser le même droit à un autre travailleur qui occupe la même fonction mais habite à quelques minutes ?

Doit-on réorganiser l’espace de travail en fonction d’une nouvelle organisation du travail, certains ayant fait le choix de venir au bureau tous les jours tandis que d’autres opteraient pour 2 à 3 jours de télétravail par semaine ?

La tâche n’est pas aisée et l’accompagnement par un professionnel des ressources humaines peut s’avérer précieux afin de poser les bonnes questions, coordonner la concertation avec les travailleurs, se mettre en conformité avec d’éventuelles nouvelles conventions collectives ou encore assurer une communication claire envers les travailleurs.

Le retour du télétravail à une base volontaire est l’occasion pour l’entreprise d’ouvrir le dialogue entre travailleurs et employeurs afin de trouver le bon compromis entre les souhaits des premiers d’une part et l’efficacité organisationnelle d’autre part.

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